Claude Albane-Antonini

La ramasseuse de miettes

Le livre - la ramasseuse de miettes

Extrait

"...A l'adolescence, je voulais être un personnage hors du commun. Le commun des mortels me mettait hors de moi et quand j'étais hors de moi, je me perdais, je cherchais ma route et risquais un malaise, vagal s'entend. En étant hors du commun, j'échappais à la tradition : « Sois belle et tais-toi cherche un mari qui te fera de beaux enfants ». Moi qui désirait être native de Hurlevent, pour enfin être noyée dans les brumes du matin, respirer enfin sans ventoline, comme Scarlett changer de garde-robe chaque semaine, moi qui aurait voulu des bottines rouges pour provoquer la jalousie des minettes abruties par « Salut les Copains », moi qui tergiversait entre devenir soeur missionnaire au Cameroun « au risque de se perdre » - il y a des films à interdire - , ou philosophe assermentée par l'université bretonnante, ou changer de peau et compter les moutons pour enfin dormir en jouant à la marelle de mon futur inexploré, je n'étais à cette aube de ma vie qu'un banal point d'interrogation..."

Photo de Claude Antonini

A Propos de La Ramasseuse de Miettes


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Claude Albane Antonini, quitte la musique et la chanson quand l'envie lui prend de retourner à la case départ, là où l'on revient à zéro. Et de ce labyrinthe qu'est toute une vie, elle nous offre un puzzle coloré, une toile impressionniste, un jeu d'échecs pour néophytes du coeur.

Ce qui aurait pu devenir tragique, nous surprend en partenaires possibles et nous laisse en sourire au bord du sentier de la marge d'un cahier de passagers clandestins.

Muriel Anderson Berneval Juillet 2016

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La ramasseuse de Miettes ? Le titre est intrigant. De quelles miettes s'agit-il ? Au fil de la lecture, on s'aperçoit qu'elles viennent d'un peu partout, au gré des déplacements.

Des miettes personnelles se mêlent à d'autres inventées. Les premières sont très pudiques, les autres surréalistes. On va d'une ville à l'autre, d'un quartier à l'autre d'une même ville, on s'instruit d'histoires vraies.

On fait la rencontre de gens connus, on lit des poèmes. On est bien !

Et je n'ai rien dit des dessins et peintures qui accompagnent tout au long du livre ces miettes. . . Et comme dit la quatrième de couverture, j'y ai trouvé des perles.

Ginette Marty Paris Juillet 2016

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Les miettes, c'est aux oiseaux qu'on les jette. Cette condescendance les transfigure, eux qui absorbent leur poids chaque jour. La vie, souvent injuste ou pingre, mais si souvent éclairée en contre-jour de lumières diaphanes, en a laissé tout un sillon pour Claude-Albane Antonini, une voie royale pour les Petits Poucets de la création.

Combien de vaches y retrouveront leurs veaux, de mères poules leurs poussins ? Toujours est-il que l'artiste, la chanteuse et la comédienne, la créatrice en a fait son grain. Il est d'une espèce différente, réfractaire au clonage des idées, à la sélection par le fric, à la pensée transgénique. Une espèce de nature à résister aux pires cataclysmes. Un bon grain pour notre ivresse.

De la graine de passeurs de monde. C'est important, on s'achemine vers un passage, que trop de gens voudraient nous révéler sous les traits d'une porte claquée.

Ces miettes qui ont le pouvoir de germer, laissées par ceux qui n'ont pas été là quand il le fallait, ceux qui sont partis trop tôt, ceux qui ont poussé de travers, ceux pour qui la Terre était une glèbe trop petite, ceux qui sont venus les mains vides avec un coeur gros comme ça, ceux qui ont oublié de venir et ceux qui ne repartiront jamais, Claude-Albane Antonini en a fait un jardin. Une friche merveilleuse, la moindre des choses quand on a habité la rue Desfriches ! Un terreau sublime, de ceux où on sème pour tous les autres. Une terre à transmettre. La création.

Ce livre est une vie. Une vie, ce n'est pas rien ! Lisez-le.

Jean-Pierre Simon - quelque part sur la Loire - août 2016.

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La Republique du centre 05/10/2016


Article - la ramasseuse de miettes